De la Terreur au voile islamique « badass », ou la fin annoncée de la gauche

Au Québec, dans la foulée de déclarations franchement loufoques de la présidente d’un organisme féministe[2] fortement ancré à gauche, a lancé un appel aux femmes québécoises à porter le voile islamique, en le qualifiant de « badass », tout ceci en support à un mouvement supposément pour la « libération » des femmes. La semaine dernière, en France, une grande partie de la gauche défilait au sein d’une foule qui scandait des « Allah Akbar » et menées par des islamistes notoires dans une démonstration (surréelle) supposément contre « l’islamophobie ».

Alors que de nos jours il n’est plus inusité d’observer cette fusion de fait entre l’islam et la gauche en Occident, ce qu’on nomme communément l’islamo-gauchisme, il est pertinent de se questionner sur l’avenir de cette gauche attirée par des mouvances à l’idéologie franchement totalitaire.

Cette attirance de la gauche au totalitarisme s’explique. De la Terreur durant la Révolution française à la fin du 18e siècle, jusqu’au Goulag soviétique et les camps chinois au courant de la 2e moitié du 20e siècle, la gauche révolutionnaire a donné naissance à ses propres formes de totalitarisme. Mais cette nouvelle obsession de la gauche pour l’islam pourrait bien être sa dernière.

La gauche a toujours su extirper une version modérée de ses pulsions les plus autoritaires. La Révolution française donna lieu à l’idée de l’égalité et des droits de l’homme alors que le communisme, malgré les camps et le totalitarisme, s’opposa aux abus, à l’exploitation et aux injustices du capitalisme. Mais alors que la gauche était à l’origine intellectuelle et idéologique de ces mouvements historiques, ce qui lui donnait un certain contrôle sur l’application de ceux-ci, l’islam, dans sa version qui a donné naissance aux empires arabes et ottomans ainsi qu’à l’État islamique, l’Arabie saoudite et les Frères musulmans, ne l’est pas et est idéologiquement l’antithèse de la gauche.

L’alliance islamo-gauchiste, à terme, ne peut donc que se terminer par l’absorption de la gauche par l’islam. Un exemple pertinent d’alliance gauche-islam vient en tête, celui de la Révolution iranienne. Ayant un ennemi commun, soit le régime du Shah, les étudiants, intellectuels et le prolétariat formaient les mouvements de gauche alors que ceux-ci entrèrent dans une alliance avec les mouvements révolutionnaires islamiques, pour finalement se faire éliminer après le renversement du régime complété. Les factions islamiques de la Révolution iranienne purent se donner une allure gauchiste sous un couvert de combat anti-impérialiste contre les Etats-Unis pour ensuite liquider les factions révolutionnaires de gauches en toute tranquillité.

Aveuglée par une grille de lecture du monde biaisée par les théories postcoloniales et un combat contre une résurgence d’un fascisme fantasmé, et même par simple clientélisme électoral, la gauche d’aujourd’hui semble incapable de voir que ses nouveaux ‘alliés’ lui réservent une disparition prochaine une fois leur utilité épuisée.

[1] Au lieu « d’islam », certains utiliseraient les termes « islam politique » ou « islamisme », mais étant donné que ces termes ne sont pas d’usage dans le monde musulman lui-même, mon utilisation du terme s’inspire de la description qu’en fait l’ayatollah Khomeini : « L’islam est politique, ou il n’est pas. »

[2] (lien) L’organisme en question est la Fédération des femmes du Québec.