Ces derniers mois, une série d’experts, de médias et de communicants ont pris d’assaut nos écrans d’ordinateurs, intelligents et nos télévisions.

« Leur capacité technicienne s’applique partout, et leur permet d’exercer la totalité des pouvoirs. Ils se situent tous au point crucial de chaque organisme de gestion et de décision. »
- Jacques Ellul, Le Bluff technologique, 1988.
Ces derniers mois, alors que le virus Covid-19 s’installait tranquillement dans nos vies, une série d’experts, de médias et de communicants ont pris d’assaut nos écrans d’ordinateurs, de téléphones intelligents et nos télévisions.
En janvier et février dernier, ce bloc « d’experts » provenant de différentes institutions de santé publique nationales et supranationales venait alors nous apporter la bonne nouvelle à l’unisson : il n’y avait rien à craindre, le virus ne posait pas un danger substantiel, car ce n’était qu’une grippe comme les autres. Tout allait très bien, Madame la Marquise.
Cependant, quelques mois seulement à peine après le début de cette crise mondiale, nous savons qu’il n’en était rien. Que ce soit la fermeture des frontières tardive, la dissimulation (évidente) du gouvernement chinois de la nature agressive du virus, l’influence politique chinoise néfaste au sein de l’OMS, le port du masque supposément inutile alors qu’on nous dit maintenant qu’il sera possiblement obligatoire, ou l’incompétence des institutions de santé à saisir l’ampleur de la menace à temps, il est maintenant évident que nos institutions technocratiques nationales et supranationales se sont avérées incompétentes et mensongères. Pire, certaines de ces élites technocratiques démontrent un assujettissement au régime chinois qu’on pourrait qualifier de trahison.
En nous induisant en erreur, ces élites technocratiques ont criminalisé le bon sens qui porte le citoyen qui n’est pas « expert » en santé publique à anticiper que le port de masques de façon préventive, la fermeture des frontières avec le pays où sévit une épidémie sévère et de douter de l’information qui nous vient d’un régime totalitaire, représente une approche de base logique et remplie de « bon sens ».
Ces experts, ces techniciens à qui nous déléguons une part de responsabilité importante pour assurer notre sécurité nous ont donc menti sous le couvert de « l’expertise » pour cacher leur incompétence et, simultanément, nous empêcher de choisir pour nous-mêmes la voix à suivre. D’ailleurs, la pandémie qui sévit n’est pas la seule instance où cette élite technocratique démontre sa condescendance envers les non-initiés.
Comme Jacques Ellul le mentionnait voilà plus de trente ans, cette élite a opéré une prise du pouvoir en s’immisçant à tous les niveaux de la société, transformant toute question sur l’avenir de notre société en réponse technique unique qu’eux seuls peuvent fournir.
De la santé, en passant par l’éducation, l’urbanisme et l’administration publique, cette élite technicienne a formé une technostructure qui, malgré ses bonnes intentions, engendre une forme d’abrutissement et d’asservissement généralisée des citoyens en leur niant la possibilité d’exercer leur libre arbitre et ce au nom de leur « propre bien » qu’eux seuls définissent.
Dans un monde qui se complexifie où l’expertise technique est omniprésente et que la confiance aveugle envers les élites technocratiques prend des formes moralisatrices, il est de plus en plus difficile de remettre en doute la technocratie, car ne pas se soumettre à celle-ci devient l’équivalent de se ranger du côté du retour en arrière, de la ringardise et du « complotisme ».
Cette élite n’a pas que trahit la démocratie en se croyant être la seule pouvant administrer le bien public, elle obstrue la base même de notre liberté de conscience en insinuant notre bêtise collective face à leur discours monopolisant le savoir et la compétence.
Toutefois, comme nous le constatons de nos jours, non seulement leurs calculs s’avèrent souvent faux et même destructeurs, ces technocrates ne représentent qu’un groupe défendant ses propres intérêts en se dissimulant derrière un discours de communicants creux et infantilisant.
Tout en reconnaissant les apports des scientifiques et des ingénieurs à la société moderne, il ne faut jamais oublier que ceux-ci ne représentent pas un substitut à notre devoir d’autonomie moral et que la condescendance de certains de ces technocrates est une atteinte à notre dignité d’hommes libres. C’est bien notre conscience et notre libre arbitre qui doit guider l’application de la science et de la technique au sein de nos institutions, jamais l’inverse.