Trilogie de la trahison, 1re partie : L’économie

*Cet article fait partie d’une série de trois textes au sujet de ce que je qualifie de « trahison » des élites occidentales envers leurs nations respectives. Les sujets de cette trahison sont l’économie (le texte ci-dessous), la technocratie et la civilisation.

La pandémie actuelle révèle plusieurs aspects de nos sociétés qui, autrement, lorsque notre quotidien n’est pas perturbé, passeraient inaperçues, enterrés sous la cacophonie que sont devenues nos vies surchargées.

Les aspects les plus probants de cette trahison économique des élites occidentales sont leur démantèlement de notre production industrielle et la paupérisation des classes moyennes par la financiarisation de l’économie. Alors que la désindustrialisation a profité principalement à une puissance impériale adverse (la Chine) une classe sociale a spécifiquement profité de la financiarisation de l’économie, soit les ultra riches, « le 1% du 1% ». Cette classe se distingue par sa déterritorialisation et déresponsabilisation du destin de leurs nations respectives du haut de leurs fortunes indécentes au courant des dernières décennies.

Alors que l’économie s’écroule et que les morts et les malades s’empilent, les nations européennes et même la puissance industrielle qu’étaient les États-Unis jadis se réveillent au pris avec une pandémie mettant en péril leurs systèmes de santé ainsi que la vie de leurs citoyens sans pouvoir assurer la production de médicaments ou de matériel médical de base en son sol car la quasi-totalité de celle-ci se trouve aujourd’hui en Chine.

Au fil des 40 ans de l’ouverture économique chinoise, on a rationalisé la désindustrialisation au profit de ce pays et d’autres pays asiatiques au nom de l’efficacité, de la performance et de la rentabilité. L’Occident pouvait simplement se replier vers l’économie des services tout en sous-traitant la production des produits qui peuplent nos vies, incluant les plus essentiels.

Au nom de l’efficacité, nos élites économiques ont sacrifié la souveraineté de fait de leurs pays respectifs que ce soit les États-Unis, le Canada, la France ou le Royaume-Uni, soit leurs capacités à l’autosuffisance. Parallèlement, les classes moyennes occidentales se voyaient reculer et affaiblit devant une financiarisation à tout crin de l’économie, découplant l’économie de production qui enrichit concrètement le commun des mortels du capital alors que ce dernier, un pur outil de spéculation de nos jours, devint une machine à détruire la richesse des moins nanties et des classes moyennes.

Nul besoin d’être communiste pour penser à Marx quand il dit que l’histoire se répète toujours, « la première fois comme une tragédie, la seconde fois comme une farce » alors, que pour une deuxième fois en un peu plus d’une décennie, soit après la crise financière de 2008, cette élite demande une fois de plus qu’on mutualise leurs pertes après avoir privatisé les bénéfices de notre système économique.

Même l’effondrement potentiel de nos sociétés est maintenant un enjeu de trahison national et même civilisationnelle alors que les ultra riches se préparent à l’apocalypse en se construisant des bunkers luxueux dans des endroits isolés du monde en laissant le citoyen lambda réparer les pots cassés que leur pillage aura laissé derrière.

Pas question de mutualiser la misère qu’ils auront en grande partie causées, bien entendu.