Les jardins du Monarque : un projet intergénérationnel prend racine à Laval – Bel Âge

Jérémie et Richard Bastien. Laurie-Anne Roux

Objectif avoué? Rendre leurs restaurants — Le Mitoyen et Le Monarque, deux tables renommées de la région métropolitaine — autosuffisants en légumes et fines herbes cultivés localement.

C’est par une belle journée ensoleillée du début de septembre que Richard Bastien, son fils Jérémie et leur équipe nous accueillent dans les jardins qu’ils ont inaugurés pas plus tôt que cet été. L’endroit est situé — et ça ne s’invente pas! — sur la rue Bastien, dans l’ouest de Laval.

Pour la petite histoire, ladite rue a été nommée en l’honneur de l’arrière-grand-père de Richard Bastien, un maraîcher figurant parmi les pionniers de l’île Jésus. «C’est aussi ici, à Sainte-Dorothée, que mon père a grandi», raconte Jérémie, évoquant du même souffle des souvenirs de vacances d’été à la ferme de sa grand-mère paternelle, où les tomates, entre autres choses, poussaient en abondance. Serez-vous surpris d’apprendre qu’une des entrées phares du Monarque — Tomate — met justement en valeur de belles tranches de tomates de toutes les couleurs?

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La version 2025 de Tomate: anguille fumée, basilic, croûtons et fourme d’Ambert.

Si la ferme familiale a depuis été démolie, la terre de 1,7 acre, elle, demeure tout aussi fertile et s’avère un terrain de jeu exceptionnel pour les deux chefs cuisiniers.

Des jardins aux cuisines (et vice-versa)

Le projet a germé il y a quelques années, en pleine pandémie. «C’est Jérémie qui a eu l’idée», rappelle le sympathique fondateur du Mitoyen, un brin de fierté dans la voix.

Il aura finalement fallu trois ans de démarches avant que les serres puissent être construites et que les premiers semis soient mis en terre, au printemps 2025, grâce aux bons soins du chef maraîcher Léandre Raymond Desjardins. Depuis, les cuisines du Mitoyen et du Monarque reçoivent chaque semaine des arrivages réguliers de légumes ultralocaux cultivés en s’inspirant des principes de la permaculture et de l’agriculture biologique.

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Au moment de notre visite, les champs regorgeaient d’épinards, de bette à carde, de kale, de carottes et de betteraves, tandis que les dernières tomates de la saison mûrissaient dans la serre. Même au plus froid de l’hiver, les serres permettront de cultiver des verdures, choux et quelques autres légumes susceptibles de résister au climat nordique, assure le duo.

«Nous plantons ce que nous avons envie de cuisiner.»
– Richard Bastien

Ce projet en est aussi un de partage. Cet été, quelques restaurants montréalais ont pu profiter de l'abondance des récoltes. Ça donne faim? En 2026, des paniers de légumes devraient aussi être en vente dans quelques marchés.

Et ce n’est pas tout : à terme, les jardins, où on trouve aussi quelques ruches, compteront aussi une section d’arbres fruitiers et de petits fruits. «Éventuellement, on veut que ce soit un peu comme les jardins de Babylone, mais à Sainte-Dorothée», s’amuse Richard Bastien.

Capture D’écran, Le 2025 09 11 À 16.01.48
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