Au-delà des injections de botox ou d’acide hyaluronique, la médecine esthétique est en pleine métamorphose avec l’émergence de techniques visant la régénération cellulaire. Objectif ? Sublimer la beauté naturelle, progressivement (et sans chirurgie). Exit, les avant-après spectaculaires !
La « beauté naturelle » a la cote, comme le constate chaque jour le Dr Mirko Gilardino, chirurgien plastique et directeur de la clinique Le1620 chez Rennaï, au Royalmount, à Montréal. « De plus en plus de patients optent pour des traitements qui stimulent la production de collagène et rajeunissent l’apparence en optimisant un processus de régénérescence plutôt qu’en masquant les effets du vieillissement. »
« Nos patients cherchent à avoir l’air reposés, pas transformés », observe à son tour le Dr Roni Munk, dermatologue esthétique certifié et directeur médical dans les cliniques Dermapure de Westmount et Pointe-Claire. L’esthétique régénérative permet en ce sens de miser davantage sur l’amélioration de la qualité de la peau et sur la restauration des volumes de manière progressive et subtile. En clair, précise-t-il : « On dépasse la simple correction des rides et des plis pour rajeunir la peau de l’intérieur et atteindre des résultats plus globaux. »
« La médecine régénérative permet de préserver l’expression du visage plutôt que de l’effacer. »
— Roni Munk, dermatologue esthétique certifié
Voyons plus en détail comment fonctionnent trois de ces traitements.
1. Les exosomes
Plébiscitée par nombre de stars hollywoodiennes, dont Jennifer Aniston, la thérapie aux exosomes est présentée comme une innovation antiâge qui change la donne dans l’industrie médicoesthétique. Qu’en est-il réellement ? D’abord, il faut savoir que les exosomes, minuscules vésicules, sont naturellement sécrétés par les cellules et jouent un rôle clé dans la communication cellulaire, la régénération des tissus et la diminution de l’inflammation. « En stimulant une vraie réparation plutôt qu’en masquant les imperfections, ils représentent l’avenir du rajeunissement cutané », estime le Dr Roni Munk.
Le traitement lui-même consiste à utiliser des exosomes provenant de cellules souches produites en laboratoire (sous forme d’un gel topique, l’injection d’exosomes n’étant pas approuvée au Canada) afin de stimuler les cellules vieillissantes à produire davantage de collagène et d’élastine. Pour pénétrer en profondeur et avoir un effet, ledit gel doit toutefois être appliqué en clinique après une procédure créant des microblessures – la radiofréquence, le microaiguillage ou des lasers, par exemple.
Résultats attendus au terme de la séquence de deux à quatre séances qui est habituellement recommandée : une amélioration progressive de la texture de la peau et de l’éclat du teint.
« Je considère les exosomes comme un outil intéressant, mais certainement pas comme une solution miracle à utiliser seule en soin de la peau », commente pour sa part le Dr Mirko Gilardino.
2. Le plasma riche en plaquettes
Bien que les exosomes gagnent en notoriété, ne négligeons pas les avantages d’une technologie régénérative éprouvée depuis un certain temps : le plasma riche en plaquettes (PRP). « Certes, les exosomes sont très en vogue actuellement, mais je privilégie des traitements comme le PRP, qui contiennent non seulement nos propres exosomes, mais aussi des facteurs de croissance qui démultiplient les effets de guérison et de régénération », souligne le Dr Mirko Gilardino.
Connue depuis plusieurs années, cette technique médicale non invasive commence par un simple prélèvement sanguin. L’échantillon est ensuite placé dans une centrifugeuse, processus qui permet d’isoler le plasma riche en plaquettes afin de le réinjecter dans la zone ciblée, que ce soit le visage, les mains ou le décolleté.
Les effets – un teint plus lumineux et une amélioration de la texture de la peau – apparaîtront de manière graduelle (la plupart des cliniques recommandent une première série de trois ou quatre traitements, souvent combinés à du microaiguillage, puis des séances d’entretien annuelles).
Bon à savoir : le PRP est également indiqué sur le cuir chevelu en cas de perte de densité capillaire. « C’est, de loin, la stratégie la plus documentée (en dehors des traitements médicamenteux sur ordonnance et des greffes) pour les cheveux », précise le Dr Gilardino.
3. Les biostimulateurs
Pas nouvelles du tout, les injections de biostimulateurs ont également fait leurs preuves ces 25 dernières années pour restaurer la structure de la peau et son élasticité de l’intérieur. « C’est tellement subtil et progressif qu’on ne peut pas savoir qu’une personne a eu des injections », affirme la Dre Quynh Nguyen, chirurgienne oculoplastique et médecin injecteur au Victoria Park Médispa.
Il ne faut tout de même pas les confondre avec les agents de comblement ! Tandis que ces derniers viennent redonner du volume (parfois de manière un peu trop évidente !), les biostimulateurs s’attaquent au relâchement cutané et à la perte d’éclat – un processus inéluctable qui s’enclenche dans la vingtaine – en encourageant la production de collagène et d’élastine.
Le mécanisme est simple : le médecin injecte une substance synthétique qui, par une réaction inflammatoire, « réveillera » les cellules. À la suite du traitement, on doit masser le produit pendant cinq minutes, cinq fois par jour, et ce, pendant cinq jours. « Les résultats sont cumulatifs, souligne la Dre Nguyen. Souvent, on recommande trois séances pour obtenir un effet optimal au bout de six mois. »
La spécialiste conseille particulièrement cette technique, connue sous des noms comme Sculptra ou Radiesse, si on remarque une certaine laxité cutanée, notamment après une perte de poids importante, ou pour remédier à un manque de volume.
Des bémols
Si toutes ces technologies requièrent un temps de récupération quasi nul – une ou deux ecchymoses, voire quelques rougeurs localisées –, certains effets indésirables plus graves peuvent toujours survenir.
En ce qui concerne les exosomes et le PRP, on parle de possibles infections au site d’injection, d’où l’importance de ne faire affaire qu’avec un médecin dûment qualifié œuvrant dans une clinique reconnue, insiste la Dre Quynh Nguyen.
Du côté des biostimulants, des nodules peuvent apparaître, révèle pour sa part le Dr Mirko Gilardino. « Chaque fois que l’on déclenche une réaction inflammatoire dans le corps, il existe un risque de dépôts excessifs, avertit-il. Ceux-ci peuvent être chirurgicale pour les retirer. »