
Ce texte fait partie du cahier spécial Philanthropie
Sylvie Fontaine est une gestionnaire aguerrie. En plus de diriger Fonds Achbée, une société de portefeuille, à titre de vice-présidente exécutive, elle siège à de nombreux conseils d’administration, à commencer par celui de la Fondation Huguette et Jean-Louis Fontaine, créée par ses parents en 2012. Discussion avec une femme d’affaires philanthrope passionnée, mais discrète, qui carbure aux projets.
Petite-fille de Joseph-Armand Bombardier, l’inventeur de la motoneige, Sylvie Fontaine a été initiée très jeune aux missions philanthropiques de sa famille maternelle. Sa toute première expérience de bénévolat, à 16 ans, consistait d’ailleurs à jouer les hôtesses dans le cadre d’une collecte de fonds organisée par sa mère, Huguette, à l’ancien hippodrome de Montréal. « C’était une activité très courue, se souvient Sylvie Fontaine, mais ce n’était pas trop difficile pour moi parce que je connaissais déjà la plupart des invités que je devais accueillir. »
Après des études en administration des affaires, elle intègre, dès 1996, l’univers de la gestion philanthropique, d’abord au sein du conseil d’administration de la Fondation de l’Institut de cardiologie de Montréal, où elle siège toujours aujourd’hui à titre de vice-présidente. « À l’époque, le conseil était dirigé par Claude Blanchette et j’étais la plus jeune, révèle-t-elle. J’étais la petite fille aux côtés de grosses pointures ! » Son jeune âge et le fait qu’elle était alors l’une des rares femmes autour de la table ne l’ont toutefois pas empêchée de faire sa marque en s’investissant dans plusieurs comités et en organisant une collecte de fonds (la première d’une longue série).
On la verra par la suite s’investir auprès du CHU Sainte-Justine, de 2002 à 2008, puis, de 2008 à 2012, à la Fondation En vue de l’Institut Nazareth et Louis-Braille, pour ne nommer que ces deux causes. « Partager, donner de mon temps, ça fait partie de mes valeurs familiales », souligne-t-elle avec humilité, rappelant l’engagement communautaire de sa mère et, avant elle, de sa grand-mère, « entrepreneuse dans l’âme », qui avait elle-même mis sur pied la Fondation J. Armand Bombardier en 1965. « Mon but, c’est d’abord et avant tout d’aider. »
Soutenir la relève
Un projet qui la rend particulièrement fière ? Le Studio de création – Fondation Huguette et Jean-Louis Fontaine de l’Université de Sherbrooke, un bâtiment de 2500 mètres carrés inauguré en 2019 au pied du mont Bellevue. Le projet, conçu à l’image de sa famille, était assurément « ambitieux », de son propre aveu.
« Je viens d’une famille d’inventeurs, mon père était ingénieur et diplômé de l’Université de Sherbrooke. Ça allait donc de soi de soutenir une initiative comme celle-là », affirme Sylvie Fontaine, qui n’a pas compté ses heures et a été présente sur le chantier à toutes les étapes de la construction.
Lieu de création, d’innovation, d’exposition et incubateur entrepreneurial intégré à la Faculté de génie, le Studio, abondamment fenestré et ponctué de couleurs vives, a été pensé pour aider les étudiants à faire passer leurs travaux de recherche « du rêve à la réalisation », la devise qui y a d’ailleurs été inscrite. « J’ai insisté pour déplacer les plans initiaux afin que les étudiants puissent avoir la vue sur la forêt et la montagne, et puis j’ai sorti les ingénieurs de leur zone de confort en optant pour du rose fuchsia, de l’orangé, du mauve », décrit-elle. Bref, tout pour stimuler la créativité !
Et ce projet ne s’arrêtera pas là : la deuxième phase de financement, en cours, vise à contribuer au financement de jeunes pousses propulsées entre autres par des finissants en génie et leurs professeurs.
Le domaine de la biofabrication intéresse particulièrement la famille Fontaine. « Dans le contexte du vieillissement de la population, c’est très important pour nous de soutenir la recherche visant à offrir une meilleure qualité de vie aux personnes âgées », dit-elle.
En parallèle, Sylvie Fontaine, aussi mère de quatre jeunes adultes, s’investit auprès de la nouvelle génération, qui sera un jour appelée à prendre la relève. « Maintenant que je ne suis plus la plus jeune, c’est une obligation pour moi d’initier mes enfants (dans la famille Bombardier, nous en sommes à la quatrième génération !) et de les guider afin qu’ils puissent s’impliquer à leur façon. » Déjà, son aîné, Patrick Fouquette, l’a épaulée dans l’organisation de la campagne pour le centenaire du CHU Sainte-Justine il y a quelques années, en plus de siéger au comité relève de la Fondation de l’Institut de cardiologie.
L’héritage philanthropique des Bombardier-Fontaine continue donc à faire des petits !
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